
Le prologue n’était pas une énigme de la chasse.
Il avait simplement pour but d’en poser l’argument, et de donner une « tonalité », une couleur, à cette aventure.
Au-delà de l’ambiance, il n’était pas inutile d’en faire une lecture attentive.
Il permettait en effet de comprendre que les énigmes pouvaient quelquefois avoir un « fond » historique,
mais qu’il était très possible qu’elles fassent une large place à des moyens contemporains (systèmes de cryptographie, codifications etc),
puisque la société secrète « Philip Arnault » était censée avoir, au fil du temps, modifié et développé le texte de la chasse.
Pour savoir où commencer, songe à ton ami Antoine. Imagine-moi me promenant au bord de l’eau, le long de la rivière. Je contemple la
silhouette familière du château, tout en me remémorant mon grand voyage. Tu sais à quel point je suis resté attaché à ce bourg qui m’a vu naître, et dont
le nom m’a même servi de surnom pendant nos aventures.
Le texte, avec ses nombreuses allusions biographiques, est une invitation à identifier le narrateur. Son prénom est clairement donné dans
l’énoncé de l’énigme : Antoine. Son nom de famille est à peine dissimulé dans un calembour : « bord de l’eau ».
Antoine BORDELEAU est natif de Dampierre-sur-Boutonne (17). C’est un homme du commun, né en décembre 1633, dont le souvenir se serait
perdu s’il n’avait fondé une lignée dans le Nouveau-Monde. Sa biographie est
bien connue grâce aux généalogistes canadiens. On la trouve à cette adresse :
http://www.acpo.on.ca/claude/nos-anct.htm, avec notamment un portrait que l’on peut imaginer de la main de son ami Philip Arnault…

On y apprend notamment qu’incorporé dans le régiment de Carignan-Salières, au sein de la compagnie Maximy partie défendre le Canada,
il portait le simple surnom de Dampierre, son lieu d’origine.
Son identification confirme celle du château de Dampierre, près des bords de la Boutonne, où se trouve le caisson portant l’inscription
« MODICE FIDEI QVARE DVBITASTI ».
Cette pierre sert de support au montage de l’image de l’énigme. Nous ne sommes bien évidemment pas allés sur place graver le message dans le caisson…
ce qui indique que la fiction, au cours de cette chasse, peut à tout instant se surajouter à la réalité, voire s’écarter franchement d’elle !
Sur une pierre du château, je t’ai laissé un message...

La fin de l’énigme donnait les instructions à suivre pour résoudre le cryptogramme.
A 4.100 toises de la pierre, tu trouveras la clef.
Elle surplombe l’alité sur le point de perdre ses dernières forces.
Sers t'en, elle changera ton destin.
Partant du château, il faut parcourir 4100 toises.
La valeur de la toise utilisée est la valeur courante de 1.9493 m.
4100 est un chiffre volontairement arrondi, pour signifier au chercheur que la précision des mesures n’est pas millimétrique
et que la résolution de l’énigme demande l’exploration attentive des lieux et monuments significatifs situés environ à 8 kilomètres du château.
On tombe sans mal sur la célèbre église Saint-Pierre d’Aulnay.
(Quoi de plus logique d’ailleurs que de demander une clef à Saint Pierre lorsqu’on cherche à changer son destin en accédant,
sinon au paradis, du moins à la deuxième énigme ?…)

En étudiant les nombreuses sculptures de cette église, on finit par identifier l’alité, SAMSON, en train de perdre ses dernières forces, DALILA lui coupant les cheveux.
La clef est donnée par le texte figurant au-dessus de Samson :
SAMSONEM VINCIT COMA VNCS CRINE MORATUR
La technique de décryptage utilisée est du VIGENERE (ce que suggère le fait que notre clef a la même longueur que le cryptogramme).
| L | U | F | J | C | H | Z | Q | M | I | F | N | I | L | G | Q | A | N | Y | R | R | A | G | I | Z | R | E | E | O | M | E | K | H | V |
| S | A | M | S | O | N | E | M | V | I | N | C | I | T | C | O | M | A | V | N | C | S | C | R | I | N | E | M | O | R | A | T | U | R |
| T | U | T | R | O | U | V | E | R | A | S | L | A | S | E | C | O | N | D | E | P | I | E | R | R | E | A | S | A | V | E | R | N | E |
Pour valider, il fallait donc entrer la destination : saverne.