
Par rapport à l’image que tu as vue, ce lieu n’est plus que ruine et désolation. A l'exception de la tour, en piteux état, tout le reste a été rasé.
Qui sait si elle sera même encore debout lorsque tu arriveras ? Comme tout disparaît avec le temps, c’est au cimetière que je t’ai laissé l’indice suivant.
Tu te souviens certainement de notre maître d’école, le plus jeune des fils du seigneur de Dampierre, qui se destinait à la prêtrise.
Mais tu ignores peut-être que c’est ici qu’il est mort et enterré. Rends-toi sur sa tombe pour t’y recueillir.
A nouveau, ce texte n’est qu’un prétexte destiné à introduire l’énigme proprement dite, constituée par l’image qui suit.

Quelques recherches permettent d’identifier le personnage en question comme étant Sainte Nonne, surnom qui s’est substitué à son prénom originel
(Mélarie) et qui est homonyme de l’état religieux (nonne) qu’elle a adopté. On peut donc dire qu’elle est « bien renommée » :
"Nonne serait la fille d'un petit roi, irlandais d'origine, Brechan, qui s'était taillé un fief dans la région de Brécon, au pays de Galles.
Cette fille, du nom de Mélarie, serait devenue religieuse. Se rendant à un pèlerinage, elle aurait rencontré le chef de la région, un prince de Kérétik,
qui était à la chasse. Séduit par la beauté de Mélarie, il l'aurait violée. Devenue enceinte, elle aurait, pour fuir les risques de l'opprobre en son rude pays,
traversé la Manche pour atterrir, au fond de la rade de Brest, au territoire devenu plus tard Dirinon, où elle aurait vécu en ermite au cœur d'un bois de chênes.
C'est là que Mélarie, surnommée Nonne, aurait mis au monde son fils Divy qu'elle baptisa dans l'eau d'une source jaillie miraculeusement à sa prière,
la source de l'actuelle fontaine Sainte-Nonne. Plus tard, quand Divy eut assez grandi, Nonne aurait retraversé la mer pour aller confier son fils
au monastère de saint Iltud en vue de son éducation. Divy y devint religieux, le temps venu. Nonne serait revenue à son ermitage dirinonnais où elle mourut."
(F. Falc'hun, Dirinon, Ouest-France, 1986)
La chapelle Saint-Divy de Dirinon est dédiée au fils de Nonne. Le tombeau de la sainte, du 16e, est orné de statues des apôtres et de la statue couchée de la sainte,
qui a les pieds appuyés sur une salamandre vomissant des flammes. Dans le dos de la bête, un trou a été creusé, dans lequel on peut mettre des cierges à l'attention
des enfants qui tardent à marcher.
Pour choisir l'endroit, compte sur l'enfant dans l'au-delà.
Divy, l’enfant de Sainte Nonne, fut également canonisé. Il est le saint patron du Pays de Galles (donc le type de personnage sur lequel on peut compter
dans l’au-delà si on prend ces termes au premier degré).
SAINT-DIVY est également le nom d’une commune du Finistère, dont le code INSEE est 29245.
S’il en était besoin à ce stade du jeu, l’idée de s’intéresser à ce nombre était suggérée par la présence du verbe « compter ».
Mais les choses ne peuvent être aussi simples puisqu’on nous demande de « choisir l’endroit ». Cela suggère que ce que nous avons est à l’envers.
Nous procédons donc de la même manière que pour passer de Deux Jumeaux à Saint-Jodard, en inversant le code INSEE.
54292 est le code INSEE de LAMATH.
Il s’agit d’une fausse piste, et les tentatives de décrypter le message final en utilisant LAMATH sont vouées à l’échec.
Il n’est d’ailleurs pas normal que nous n’ayons pas eu à « choisir » entre plusieurs possibilités pour obtenir LAMATH.
Mais un élément important reste inutilisé : la lettre D figurant en haut de la tombe. Dans un premier temps, le chercheur peut être tenté de le négliger,
en y voyant l’initiale de Divy, ou de Dirinon. Le récit introductif, lui, suggère qu’il s’agit de l’initiale de Dampierre, nom de famille du personnage
supposé enterré. Cette abondance d’explications inutiles, aussi peu convaincantes les unes que les autres, attire l’attention sur ce détail essentiel.
En fait, ce D renvoie à l’Allemagne, et permet ainsi de donner un sens plus fort à « dans l’au-delà » : au-delà des frontières.
54292 est le code postal de 4 villes allemandes. Nous avons donc bien à « choisir » :
D-54292 RUWER, D-54292 EITELSBACH, D-54292 KURENZ, D-54292 TRIER
Il est facile de « choisir », car TRIER (nom allemand de la ville de Trêves) est en français un verbe synonyme de… choisir !
XRQAM ESBQF CIPRR ARBCV APFQL UQPRA UTQA
En l’absence d’indication sur le mode de codage, il faut essayer différents systèmes avec la clé « TRIER ».
Le décryptage est obtenu grâce au système britannique « Playfair », reposant, comme le chiffre de Collon, sur une grille 5 x 5.

VISE L’ANGLE DROIT ET CROISE L’HYPOTENUSE
L’angle droit est celui de l’équerre trouvée dans l’énigme 3. Pour viser l’angle droit en coupant l’hypoténuse,
il faut partir de notre nouveau point, TRIER, qui n’a pas servi à la construction de l’angle droit.
(Proche de la frontière, la ville de Trier/Trêves figure évidemment sur les cartes de France au millionième utilisées par les chasseurs.)
L’hypoténuse coupée est nécessairement la droite ETAMPES – SAVERNE.
Les droites se coupent à SAINT-DIZIER.

Pour valider, il fallait entrer les trois derniers mots décryptés : croiselhypotenuse.